Les quelques imperfections fortuites (ou presque…) de l’affaire Cantat

Il ne s’agit pas de refaire le procès. Ni même de justifier un acte. Bertrand Cantat a, par décision de justice, été reconnu coupable, d’un geste impardonnable, de violence envers une femme, qui a succombé à ses blessures. Mais il est permis, et ce humainement, de réfléchir sur une procédure ; et parce qu’une victime n’hérite pas de tous les droits, tout comme un coupable ne se vide pas de tous les siens, la défense, dans une certaine mesure, d’un coupable, est parfois largement légitime.

Les faits, d’abord, puisqu’il faut bien commencer là. Vilnius, le 27 Juillet, une dispute, de plus en plus violente, des gifles, Marie Trintignant au lendemain dans le coma, qui quelques jours plus tard décèdera à Paris. L’affaire est idéale pour les média français, un véritable scénario. Trop idéale d’ailleurs peut-être, ce qui n’empêchera pas une certaine presse de la rendre encore plus palpitante : Cantat, chanteur de rock, drogué, qui a frappé toutes ses ex. Pour ce qui est de la drogue, il s’avèrera plus tard que l’information est sorti d’une mauvaise traduction d’une agence de presse. Cantat avait tenté de se suicider en avalant des « drugs », qui en anglais, signifient « médicament ». Quant au mari violent, le témoignage au procès de toutes ses ex-femmes, et le soutien de celle qu’il avait quitté pour Marie réfutera la thèse. Un seul témoin de la scène pourtant, et c’est B. Cantat lui-même, dont la presse n’a jamais insisté sur le fait qu’il n’a jamais changé de version des faits dans son témoignage, quand Vincent Trintignant, dont les témoignages étaient pieusement recueillis, modifiais à chaque interrogatoire. Une certaine presse serait-elle orientée ?

Le problème est très vite perceptible au procès ô combien médiatique de Cantat, par comparaison des deux parties. Les Trintignant, et quelques invités VIP…et les C., les membres du groupe de Noir désir, son ex-femme. Deux familles, dont la nature est évidemment différente, d’un côté la famille du cinéma, et à coup sûr de l’influence, surtout lorsque l’avocat n’est autre que M. Kiejman, de l’autre, une famille modeste, mais soudée.

Dans cette affaire donc, et jusque maintenant, une certaine presse marche contre C. ( Paris Match, Le Parisien, etc.…). Mais la presse ne suffit pas, et avant le verdict du procès, Nadine Marcant (qui suite au divorce avec Jean Louis Trintignant, a étrangement souhaité s’appeler Trintignant…) dans un écart flagrant au droit mais qui lui sera au final accordé, sort un livre « Ma fille », dont chaque page possède son lot de « ton assassin », ou « ton meurtrier »… quoi de plus compréhensible que la douleur d’une mère ? Douleur d’une mère, évidemment, mais ce livre n’est que tissu de haine. Néanmoins, il ne tarde pas à trôner au top des ventes, les cochons réclament encore de la confiture. Et une fois n’est pas coutume, Nadine M. multiplie les coups médiatiques et choisie d’intégrer une association de femmes battues ; comme l’a dit Xavier Cantat, si deux hommes se battent, si un d’entre eux est juif, s’agira-t il pour autant d’un acte antisémite ?

Alors, d’autres questions : pourquoi vouloir refaire la vie de Marie T. dans la peau d’une ingénue mais pas assez libertine? C’est elle qui a eu un passé mouvementé avec ses ex, et quoi de plus courant, pourquoi vouloir en faire une sainte ? Pourquoi lui inventer des meilleurs amies, comme Lio qui dans un élan d’inspiration se rappellera d’une Marie tourmentée dans les derniers jours ? Pourquoi Nadine M. s’étonne de la présence de Cantat à Vilnius quand bien même elle lui avait proposé un rôle dans le téléfilm qu’elle tourne, et alors que la journée durant il s’occupe des enfants de Marie, trop occupée ? Et comment expliquer l’absence de toute procédure d’enquête suite à l’incendie de la maison de C. dans les Landes, une nuit où sa femme et ses enfants devaient s’y trouver ? Etrange affaire.

Naturellement, Marie Trintignant est morte, Bertrand Cantat lui est bien vivant. Certains croiront que Cantat n’est pas tourmenté de douleur, et qu’il ne regrette pas son geste, peu importe. Mais prétendre que le maintient en vie d’un coupable est une honte,ne revient-il pas à soutenir la peine de mort ?

Je pense qu’il est nécessaire d’en parler, sachant que le peu de répliques ou d’arguments que donnaient le groupe de soutien de Cantat n’était pas repris dans la presse, sachant que quand les Trintignant ont choisi la démonstration, les parents de Bertrand Cantat ont opté pour le silence.

10 commentaires

  1. elisedu29

    C’est pas très objectif tout ça ^^ lol ! non vraiment j’ai beaucoup aimé et ça m’a permis de mieux comprendre quelques petites choses ! bravo.

  2. romg50

    mmmh bon article… personnellement, j’adore j’adore noir désir et cantat la personne en lui même… voilà tout ça c’est passé, je pense qu’i souffre bcp aussi lui… je te met 10.

  3. chewingum

    cette affaire me mets hors de moi!
    mais non pas parce kil y a injustice ou ke GT une grande fan de ces deux individus! tout simplement parce ke chak jour des centaines de femmes se font agresser, taper, violer par leur conjoint ou tiers personnes! quand c’est la caissière du leclerc là on en a rien a foutre, pareil kan c’est la beurette du quartier ou kon sfait embarker de force!
    alors OK CT une actrice d’une lignée célèbre ki est morte dans des conditions degueulasses mais merde kan s’est NOUS on en a rien à branler!

  4. Anonyme

    Le problème c’est que toi aussi tu mélanges tout…il y a des femmes qui durant toute leur vie vont rester avec un homme qui les frappe chaque jour sans que ça ait pour issu la mort…maintenant il y a un autre cas, ou une violente dispute arrive une fois avec une issu tragique… Marie trintignant n’est pas une femme battue, Cantat n’est pas un batteur de femme…j’ai fait cet article précisément pour qu’on arrête de mal nommer les choses.

  5. sanka94120

    Tu sais déjà ce que je pense Quentin… Mais fait attention de ne pas échanger les roles victime/assassin, les média sont aussi là pour donner une certaine morale, surtout dans de telles affaires! Maintenant N. Trintignant n’a pas forcément la même notion de la mort, chais pas… elle croit peut être que sa fille va se reveiller pour la remercier si elle salit du mieux qu’elle peut la personne qu’elle cherissait! En tout cas, je trouve que tu as su faire cet article de manière très bien construite et expliquée! Bravo ;)

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