Les Tudors: Quand l’Histoire devient Glamour

Passions, cruauté, trahisons, ou le quotidien d’un monarque au XVIe siècle. En tous cas, en ce qui concerne Henry VIII, le « plus beau prince de l’Europe », les légendes ne manquent pas. Un temps apparenté au personnage du conte de Perrault Barbe-bleue, un monarque flamboyant à l’image de son siècle, « esthète, cultivé, amoureux des arts et des sciences » mais plus encore des femmes. Victime de ses passions, Henry VIII n’a eu pas moins de six femmes dont les destins tragiques n’ont pas participé à la bonne réputation du monarque anglais. Le XVIe siècle est une époque particulière, une période charnière qui marque le début de l’ère moderne. Siècle de l’esthétisme, des passions mais aussi des excès. Plus encore, c’est au cours de ce siècle que l’on assiste à l’affaiblissement de la chrétienté. Les hérétiques (luthéranisme et calvinisme) progressent et la papauté doit faire face à un refus de soumission des monarques. L’influence du pouvoir religieux sur le pouvoir royal semble une logique devenue obsolète. La « géopolitique » de l’époque n’a rien à voir avec celle d’aujourd’hui. Au début du XVIe siècle, trois monarques gouvernent l’Europe : Henry VIII pour la couronne d’Angleterre, Charles Quint est à la tête du Saint Empire Germanique et François Ier règne sur le royaume de France. Point névralgique du pouvoir religieux en Occident, Rome tente de retrouver son hégémonie passée face à ces monarques arrogants qui refusent de se soumettre.

 

La série Les Tudors prend place dans l’Histoire lorsque Henry VIII devenu roi d’Angleterre en 1509, marié à Catherine d’Aragon, tante de Charles Quint et veuve de son frère Arthur, tenta d’obtenir l’accord du Pape à Rome afin de faire annuler son mariage, chose que le Saint Père se refusait. Une jeune femme de la cour répondant au doux nom d’Anne Boleyn, qui par ses charmes, a su envouter le monarque anglais. Passions, conspirations et trahisons sont les maîtres mots de toute Cour qui se respecte.

 Marié à Catherine d’Aragon,  la veuve de son frère, Henry VIII tombe alors sous les charmes d’une jeune et ravissante dame de la cour, Anne Boleyn. Un amour qui semble sans limite et qui pousse le monarque à demander au Pape l’annulation de son premier voyage. C’est au cours du XVIe siècle qu’apparaît un certain rejet de l’autorité religieuse dictée par le Pape à Rome. En effet, le luthéranisme et le calvinisme s’implante de façon croissance dans les grands royaumes, l’apparition de l’imprimerie permettant une diffusion plus efficace des savoirs et des idées, le monde change, nous sommes aux prémices de l’ère moderne. Les conflits avec le pape se multiplient et devant le refus de ce dernier d’accorder le divorce à Henry VIII, l’anglicanisme va s’imposer dans le royaume.

 

Après avoir réalisé les scénarios de deux films déjà sur le thème d’Elisabeth Iere d’Angleterre (fille d’Henry VIII) : Elisabeth et Elisabeth, L’âge d’or. M. Hirst créateur et réalisateur de la série The Tudors, véritable passionné d’histoire, ne s’est pas trompé dans ses choix. Une réalisation qui ne laisse pas de place à l’approximation (sauf au niveau historique). Un casting volontairement glamour qui donne à la série un esthétisme particulier loin des personnages grisonnant de nombreuses sagas historiques. Parmi les principaux personnages de la cour du royaume d’Angleterre, on retrouve dans le rôle d’Henry VIII, l’acteur irlandais Jonathan Rhys-Meyers (Vanity Fair, Match Point). Pour interpréter la reine Catherine d’Aragon, très pieuse, une femme de valeur dévouée à son époux et qui résistera dignement pour conserver sa place sur le trône, l’actrice Maria Doyle Kennedy (Tara Road). Le Cardinal Thomas Wolsey, personnage nébuleux qui joue le rôle d’intermédiaire entre le roi et le légat du Pape chargé de juger l’affaire de « divorce ». Il connaît les enjeux, qui passent avant tout par le maintien de la chrétienté dans le royaume d’Angleterre. Un rôle qu’incarne merveilleusement Sam Neil (Perfect Strangers, Little fish). La charmante mais non moins ambiguë Anne Boleyn qui est interprété par Natalie Dormer (Casanova). Aussi douce que manipulatrice, son personnage énigmatique réserve quelques surprises. Autre grand nom de l’Histoire, Sir Thomas More, incarné par Jeremy Northam (Crime contre l’humanité).

Les décors présentent des tableaux d’un réalisme épatant. Des costumes qui, sans être anachroniques, participent largement à donner un effet de style, rappelant peut-être un certain Shakespeare In Love. Et cela sans pour autant négliger l’environnement sonore qui participe à l’envoutement du spectateur. Bref, un seul mot : stupéfiant !

 

Vulgariser l’Histoire afin de la rendre plus digestive n’a pas que des aspects négatifs. Les quelques libertés prises par le réalisateur donne à l’intrigue une plus grande intensité. Accentuant ainsi le caractère tragique, ou simplifiant certains faits historiques pour donner un rythme plus accrocheur. Toutefois, la série reste très assez fidèle aux faits historiques. Preuve encore, que culture et divertissement n’ont rien d’antagoniste.

 

 

 

 

 

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