L’Impressionnisme: impressionant?

Qu’est ce que l’impressionisme?

A la fin du second Empire, les peintres bientôt rassemblés sous le nom d’ « impressionnistes », commence à constituer un groupe. Tout d’abord, parce que des liens amicaux s’établissent entre eux, mais aussi parce qu’ils partagent des refus et des aspirations similaires.

Parmi les principaux, on peut citer Monet, Renoir, Degas, Cézanne, Pissaro, Bazille, Sisley ou encore Morisot. Ces peintres se rencontrent à Paris dans des ateliers où l’on prépare le concours des Beaux-Arts. Ils travaillent ensemble et fréquentent le café Guerbois par exemple. Ils se regroupent d’abord autour de leur maître Manet, un peintre réaliste qui déclenche les fureurs de la critique officielle.

La première exposition du groupe a lieu en avril 1874 dans la galerie du photographe Nadar (« salon des refusés »). Les œuvres font scandale et sont tournées en dérision par la critique et le public. Jusqu’en 1886, huit expositions se succèdent, chacune sans succès, mais elles témoignent de la ténacité des peintres. Par la suite, le groupe se disloque et chaque peintre oriente son œuvre vers des voies diverses.

Son origine: Lors de la première exposition, Monet expose la toile intitulée Impression, soleil levant. Elle est alors remarquée par la critique de Louis Leroy qui rédige dans le journal le Charivan (1874) un dialogue moqueur et imaginaire entre deux visiteurs : « Impression, j’en étais sûr. Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l’impression là-dedans. Et quelle liberté, quelle aisance dans la facture ! Le papier peint à l’état embryonnaire est encore plus fait que cette marine-là ! ».

« Impressionnisme », le mot est né. Les peintres incriminés reprennent cette étiquette pour en faire leur appellation spécifique. Elle renvoie en effet au primat de la vision intuitive sur la représentation conventionnelle ou conceptuelle de la réalité. Les impressionnistes sont aussi appelés indépendants, intransigeants, peintres révoltés ou encore maudits.

Une révolution picturale?

On peut parler de révolution impressionniste, car ces peintres revendiquent de nouvelles conceptions et pratiques de leur art qui rompent avec les principes de la peinture officielle. Celle-ci est représentée par l’Académie, l’école des Beaux-Arts et le Salon Officiel, qui perpétue la tradition de l’art classique, c’est à dire qui privilégie les sujets historiques et mythologiques, met l’accent sur le dessin plutôt que sur la couleur et vise un effet final de perfection lisse et « léchée » (élimination de toute trace d’exécution) .

Les impressionnistes s’opposent à ces principes. Ils sont réalistes, mais ils privilégient le regard immédiat et cherchent ainsi à transcrire leur vision instantanée de la réalité. Les impressionnistes sont donc favorables au travail en plein air et à la lumière naturelle. Ils s’attachent au paysage et aux scènes de la vie quotidienne et moderne. Ils montrent les aspects éphémères et instables de la réalité sous les effets de la lumière, ainsi que les reflets, les éléments climatiques comme la brume et la neige. Par conséquent, ils dissolvent les contours des formes et rendent visible les touches successives de couleur, qu’ils ont juxtaposées.

L’exemple de Claude Monet

Les trains et les gares constituent pour Monet un sujet contemporain qui permet d’intégrer le dynamisme fugitif : le train est en partance ou sur le point de s’immobiliser, il y a autour de lui l’agitation, la presse, la lumière propre aux gares sous la marquise qui multiplie à la fois les effets de lumière et les bruits. Cela provoque donc une sorte de concentration de l’instantané. La première des « séries » que peint Monet est celle de la gare Saint-Lazare, c’est donc un même sujet qu’il a peint à des moments différents et en fonction de la diversité de la lumière.

Pour conclure…

QU’EST -CE -QUE L’IMPRESSIONNISME ?
Zola répond à cette question dans le Sémaphore de Marseille (1877) en déclarant : « Je crois qu’il faut entendre par des peintres impressionnistes des peintres qui peignent la réalité et qui se piquent de donner l’impression même de la nature, qu’ils n’étudient pas dans ses détails mais dans son ensemble. Il est certain qu’à vingt pas on ne distingue nettement ni le nez ni les yeux d’un personnage. Pour le rendre tel qu’on le voit, il ne faut pas le peindre avec les rides de la peau, mais dans la vie de son attitude, avec l’air vibrant qui l’entoure. »

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