Little – Je veux des violons en acoustique

Quand certains se lèvent aux aurores pour aller grossir la file d’attente d’un casting avec l’espoir très hypothétique de devenir une star de la pop, elle qui ne demandait rien ou pas grand chose sera la lauréate insolente d’un joli concours de circonstances.
A l’adresse des obsessionnels du passe-droit et des irrités du piston, précisons au passage qu’elle n’est la fille de personne, sinon de ses parents. C’est dans ce nid familial sans particularisme, sinon ses origines vietnamiennes, que débute logiquement sa drôle d’aventure.

Elle qui est née Aurélie NGuyen, à la tombée des années 80, s’est toujours entendue appelée Little, en raison de sa taille (1m58 sous la toise) et peut-être aussi de l’univers confiné qu’elle est parvenue à bâtir autour d’elle, ce charmant petit monde qu’elle s’apprête maintenant à dévoiler au grand.

Son intérêt pour la musique, durant l’adolescence, ne ressemblera jamais à une passion dévorante. Elle préférait le dessin,  était plus volontiers du genre à papillonner sur les ondes pour y butiner les tubes du moment. C’est d’ailleurs en découvrant un jour cet essaim de filles à peine plus âgées qu’elle, les Jewel, Lene Marlin et surtout Avril Lavigne, qu’elle se piqua d’en faire autant, par amusement et sans ambitions clairement affichées. Une guitare appartenant à son père traînait dans les parages, elle avait quelques textes griffonnés sur des cahiers, l’alliage des deux provoquera des chansons et suffisamment d’étonnement sur son entourage pour qu’elle ose finalement les mettre en ligne. Les connexions s’embrasent et les compliments pleuvent sur ce qui n’est encore qu’une petite entreprise rudimentaire, d’obédience folk par manque de moyen plus que par conviction.

Sa Chanson de filles, où elle joue stratégiquement les fausse modeste (« je ne suis pas le genre de fille dont on est fou amoureux »), résonne comme son Tous les garçons et les filles à elle et provoque logiquement l’effet craquant escompté. 

Elle s’éloigne du feu de camp des folkeuses pour un véritable feu d’artifice pop, aux réminiscences sixties et seventies discrètes – on songe parfois à France Gall période Poupée de cire, à la mutine Kate Bush également – mais avant tout parfaitement contemporain. L’acidulé naturel de la voix de Little, son velouté encore enfantin, reste évidemment l’atout maître de ces chansons où elle se met en scène alternativement en fille sensée ou en peste, en confidente lucide comme en tête de linotte impatiente. Car cette fan de Britney Spears, en dépit d’une timidité qu’elle soigne par un humour assez désarmant, possède un sens inné du spectacle. Aujourd’hui qu’elle s’apprête à entrer en scène, toujours guidée par sa bonne étoile, Little est peut-être déjà grande.  


 

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