Manu Chao – Me Llaman Calle – Le clip

UN PEU D’HISTOIRE ET D’ACTUALITE

« La resignación es un suicidio permanente ». Le slogan vient en tête de la Radiolina, portion politico-poétique et canal news du site internet : www.manuchao.net. La Radiolina est également le titre de l’album 2007 du même Jose Manuel Arturo Tomas dit : Manu Chao.

Aujourd’hui, l’ex-petit, obscur et sans grade qui porte entre autres casquettes, celle du chantre des humiliés, est en train d’atteindre la dimension planétaire d’un Bob Marley.
Manu expliquer « si j’habitais en Espagne je ne ferai pas du rock, en Espagne le rock c’est le flamenco. Là-bas, Camaron c’est un Dieu. C’est le Johnny Thunders de cette musique là, etc ». Vingt ans plus tard, les dieux autodestructeurs, Camaron et Thunders sont physiquement morts. Quant à Manu il vit en bonne santé en Catalogne, et ne se demande plus s’il fait du rock ou du flamenco. Il a bien conscience de faire du Manu Chao. Sans ignorer pourtant, à l’instar des Chuck Berry, Ray Charles, Fats Domino et ceux du monde hispanique, ce qu’il doit à ses prédécesseurs. Car eux non plus ne sont pas tombés du ciel, artistiquement, ceux là aussi citaient souvent leurs influences et ont du se voir reprocher par ceux qui au présent ne prennent pas très bien la dimension des choses de ne pas toujours se renouveler. David Byrne qui n’était pas mal non plus avec ses Talking Head avoue avec humour un brin de jalousie pour les seules réserves qu’il fait dans un élogieux reportage sur un concert de Manu à Brooklyn en 2006.

Si le deuxième album solo de Manu était apparu à certains comme trop proche du premier, c’est qu’il avait été composé dans la même période. « La Radiolina » est emprunt d’une sophistication, jamais atteinte. Le style patchwork a gagné en raffinement.

Il a donc crée un style. Ce qui est assurément le plus difficile. Un style composite avec ses récurrences, comme ses mélanges d’idiomes, ses arrières plans sonores : voix, bruits de villes ses sirènes de flics et d’ambulances ses slogans protestataires ses constats attristés sur l’état du monde et l’espérance à entretenir dans le bordel de la vie. Plus tard on ne saura plus trop si telle ou telle chanson vient du deuxième ou du sixième Album. Ce sera du Manu Chao. Tout comme Brassens a fait du Brassens. Si Brassens est reconnu comme poète au langage riche et châtié y compris pour dire des « cochoncetés », Manu Chao aura eu le génie de la naïveté assumée. Il aura cultivé un langage naïf comme des Picasso, des Chaissac, des Dubuffet, et d’autres l’ont fait en peinture.
Il faut voir La passion qu’il met dans la réalisation de clips d’animations faits de dessins « enfantins » de son ami Wo pour chacune de ses chansons.

Manu, aujourd’hui très heureux père d’un garçon de huit ans qui vit dans le Nordeste brésilien et qu’il va retrouver chaque fois qu’il le peut, se pose continuellement des questions quant à ça et d’autres choses. Et si le mode de vie qu’il s’impose exclue depuis toujours un esclavage contractuel qui le ferait revenir chaque année avec un nouvel album pour, probablement, devenir plus énorme, il sait qu’il a aujourd’hui les moyens de tout arrêter pour vivre plus libre encore. Lorsqu’on lui en parle il avance deux raisons pour ne pas le faire : la responsabilité qu’il s’est créée envers ceux qui dépendent de lui, le plaisir de servir ceux qui attendent ses chansons ainsi que l’amour envers ses différentes activités. Je recompte sur mes doigts. Ca ne fait pas deux mais trois raisons.

Manu Chao se caractérise non seulement par son talent, mais aussi par son engagement au sein d’associations, notamment le « Collectif de défense des droits des prostituées »

COLECTIVO HETAIRA
Les « Hetairas » étaient les courtisanes de la Grèce antique. Ces femmes avaient un large accès à la culture et jouissaient d’une grande reconnaissance sociale. « Hetaira » est donc un mot noble qui s’emploie à l’égard de personnes respectables.

C’est dans le but de préserver cette imagerie de la femme qu’en 1995 un groupe de bénévoles se baptise « collectif hetaira » pour lutter en faveur de la reconnaissance des « femmes de la rue » et réalise au quotidien un travail d’information sur le terrain, répondant à des questions d’ordre sanitaire, psychologique, juridique et social.

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