Marie-Antoinette: la dernière Reine de France, filmée par une américaine

Réalisé par Sofia Coppola, qui soit dit en passant a déjà réalisé Virgin Suicide et Lost in translation, Marie Antoinette se caractérise par un singulier portrait de femme. »L’Autrichienne » comme on l’appelait à l’époque se réincarne sous les traits de Kristen Dunst qui, par son joli minois et son corps diaphane, semble possédée par son personnage. Elle n’a jamais été aussi belle.

Ce film ci garde le timbre des deux autres, même l’actrice. Le mot film est d’ailleurs en lui-même totalement erroné pour décrire l’univers de Sofia Coppola. C’est un livre d’images mouvantes. Une série de vignettes mises bout à bout, à l’esthétique soignée, au scénario léger. C’est une enfilade d’impressions beige, blanc, marbre. En cela, c’est très réussi, soigné.

Et, ici où là, on constate la présence de jolis anachronismes, notamment musicaux. L’introduction est assez représentative de ça : Des caractères que j’oserais presque dire vintage rouges et noirs avec une musique qui va fort, vite et bien. Le film lui-même est assez rock’n’roll car si on excepte les quelques menuets et légers instants de classique qui montent une Marie-Antoinette conforme à l’étiquette, le reste est salé au rock ( un mélange entre AIR, New Order et autres du même registre) Ne serait-ce que musicalement et esthétiquement, il est clairement dit que ce film n’est pas historique. Il l’est tellement pas que l’opéra Garnier y existe avant l’heure. Cela risque, je le crains, de décevoir les amateurs de poux historiques dans les oeuvres d’art, quand bien même l’histoire suit les grandes lignes (et s’interrompt avant l’épisode de la décapitation. Et puis ça l’aurait décoiffée)

Ce film n’a qu’un sujet et il est réduit à son personnage, voir peut-être son actrice. L’étrange visage de Kristen Dunst ( qui pour moi reste cette petite Claudia d’Entretien avec un vampire) qui confère tant de candeur et d’effronterie à Marie-Antoinette résume tout le film.

Une teenage-fiction avec ses facéties, ses dépenses affolantes, ses chaussures en fourrure, ses coiffures extravagantes, ses coupes de champagnes remplies à ras bord ainsi que toutes les petites déconvenues et bouderies qui vont avec l’opulence. Cette écoeurante richesse aurait dû normalement rendre le personnage capricieux et antipathique mais elle est juste frivole, jeune. Le film reste sur une impression de fraîcheur et, comme seraient tentés de le dire certains, de longueur. Mais qui le trouve long aura tort : ça n’est pas un récit, c’est une immersion dans les images.

Cette fresque habillée de macarons roses et autres sucrerie n’est qu’ambroisie (ou devrais-je dire, que Champagne). A ne pas manquer!

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