Mondial 2010 : les sponsors s’éloignent du maillot bleu

L’année dernière, le sponsoring des bleus représentait environ 28 millions d’euros. Un investissement non négligeable pour les entreprises qui misent alors sur l’engouement footballistique de la population et le rayonnement de l’Equipe de France afin d’améliorer leur image auprès des consommateurs.

Mais avec une défaite cuisante face au Mexique, le renvoi d’Anelka, et la mutinerie de l’équipe de France refusant de s’entrainer, on ne peut  pas dire que ce soit un bon retour sur investissement pour ces nombreuses grandes marques qui misaient sur leur visibilité accrue durant la Coupe du Monde en tant que sponsors.

L’affaire des bleus au lieu d’apporter une image positive remplie d’esprit d’équipe, de cohésion et de ferveur nationale renvoie désormais une image plus que négative sur fond d’arrogance, de manque de confiance et de caprices de sportifs stars aux poches bien remplies. Voilà une publicité dont les sponsors se seraient bien passés. C’est pourquoi certains n’ont pas hésité à se défiler en annulant leur campagne commerciale et publicitaire concernant le Mondial.

- Le Crédit Agricole a décidé d’écourter sa campagne publicitaire qui devait normalement durer jusqu’au 25 juin étant donné le « contexte ». Le groupe a tout de même décidé de reconduire son contrat pour les années à venir.
- Quick et Pringles  ont misé sur le mauvais cheval de bataille en mettant en scène Nicolas Anelka dans des campagnes pub et marketing. Le joueur de Chelsea étant l’acteur principal du feuilleton des bleus, les publicités ont été retirées.
- Enfin GDF-Suez « ulcéré » a confié au Parisien qu’il comptait revoir les clauses du contrat avec la FFF. Il faut dire que la baseline créée pour l’occasion : « Exigence, engagement, audace, cohésion, esprit d’équipe, respect, tolérance, convivialité » ne semble plus tout à fait adaptée à la situation sauf si on l’entend de manière totalement ironique…

D’autres sponsors peut-être plus confiants ou peut-être moins dépendants de l’image de l’équipe actuelle compte tenu de leur contrat avec la FFF déjà entamé depuis bon nombre d’années, ont préféré maintenir leur partenariat quoiqu’il arrive.

- C’est le cas de Carrefour qui joue à fond la carte de la fidélité (sans jeu de mot) et affirme soutenir l’équipe coûte que coûte en reconduisant le contrat qui se terminera d’ici septembre pour quatre années supplémentaires. 
-  Pour Toyota aucun changement en vue. De toute façon, la campagne marketing du constructeur automobile s’achève demain soir après le dernier match de qualifications (et certainement le dernier tout court) de la France contre l’Afrique du Sud.
- Adidas, sponsor emblématique du football français poursuit sa campagne de publicité avec Yoann Gourcuff. Choix plutôt judicieux puisque le joueur apparait à travers les médias et aux yeux de bon nombre de français comme la victime de cette équipe peu soudée. Même si le patron reconnait sa déception : « Fidèle supporter depuis 40 ans de la FFF, la marque Adidas est consternée et attristée de voir la tournure des événements qui se déroulent en Afrique du Sud autour de l’Equipe de France« , il n’a pas trop de soucis à se faire car la vente de maillots permettra de combler un éventuel manque à gagner. De plus le contrat avec la FFF prendra fin cette année.

-C’est donc plutôt la marque concurrente qui reprend le flambeau : Nike qui a du souci à se faire alors qu’elle vient de signer un contrat historique débutant l’année prochaine qui s’élève à 42 millions d’euros par an sur une durée de huit ans.

Les sponsors inquiets et de plus en plus frileux face à leur contrat avec la FFF sont cependant restés assez prudents pour ne pas se retrouver dans une situation difficile. A croire que certains ont vu le mauvais coup venir ! Partenaire des bleus, SFR a ainsi préféré prendre Tony Parker comme star de sa nouvelle campagne en plein Mondial…

Malgré tout, les joueurs vont toucher leur part de ces partenariats commerciaux et devront se partager la modique somme de 5 millions d’euros. Néanmoins, compte tenu de leur comportement, il est toujours possible que la FFF décide de leur sucrer ce droit en guise de sanction. 

 

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