Motown Records souffle les bougies

En janvier 1959, Berry Gordy fonde officiellement la maison de disques Motown Records à Détroit dans le Michigan. Le nom lui vient de la ville elle-même, contraction de Motor Town, surnom de la capitale mondiale de l’automobile à l’époque. Motown Record est en fait issue de la collaboration de Gordy et du compositeur Smokey Robinson. C’est ce dernier qui pousse Berry Gordy à voir au-delà du simple magasin de disque qu’il possède alors. Les deux hommes ont des idées plein la tête. Et en entrepreneurs ambitieux, ils ne tardent pas à appliquer un schéma industriel à leur bébé, révolutionnant ainsi le procédé créatif musical. Motown va vite surclasser son principal concurrent à l’époque, Stax Records. L’idée de Gordy est de viser un public plus large, de proposer des artistes afro-américains plus abordable à la population blanche. Se donnant les moyens de son ambition, il fait de Motown Records une usine à tubes dont il est le patron incontesté. Les artistes sont salariés et se plient aux ordres, des auteurs et compositeurs leurs sont imposés, tout comme des professeurs de chant et de danse.

Mais si le label de Détroit se forge une solide réputation, ce n’est pas autant du à son fonctionnement qu’à ses nombreux succès artistiques. On va rapidement parler d’un « son Motown« , synonyme d’une soul qui s’égare parfois vers la pop-music, agrémentée d’un chant et de claquements de mains qui rappellent le gospel. Cette marque de fabrique est notamment assurée par le groupe studio maison, The Funk Brothers. Ces derniers sont de tout les enregistrements de 1959 à 1971. Bien entendu, cet envers du décors est bien souvent caché par les nombreux gros poissons de Motown Records. Qu’on se le dise Berry Gordy a fait du lourd, du très lourd. Il a sorti de son écurie des artistes parmi lesquels de nombreuses star mondiales, reconnues et adulées : Marvin Gaye, Stevie Wonder, Diana Ross & The Supremes, Lionel Richie, ou encore les Jackson Five, dont le plus célèbre a également fait ses premiers pas solo sous l’égide de Gordy. Une liste qui s’érige comme un palmarès, auquel on peut ajouter les quelques 191 titres classés numéro 1 au célèbre Billboard américain. Plus près de nous, Claude François fut en quelque sorte l’ambassadeur du label américain, reprenant le hit des Four Tops, It’s The Same Old Song (C’est la Même Chanson), enregistré dans les studios  de Détroit, avec une production en tout point identique à l’originale.

 Pour les amoureux de la soul-music et des artistes estampillés Motown Records, de nombreuses compilations sont disponibles, notamment celle réunissant les 191 hits du label pour célébrer son demi-siècle d’existence. Dur de dépenser ses sous autrement qu’en fringues soldées en ce moment, mais ça fait un chouette cadeau, et ça vous donne un point commun avec Barack Obama qui répète à qui veut l’entendre que Motown a fait de lui l’homme qu’il est aujourd’hui. C’est donc ça son secret.

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