My Major Company Books : quand Mr tout le monde peut se prétendre auteur ou éditeur

Le financement participatif via internet, c’est le nouveau crédo des industriels de la culture.

Après le cinéma avec peopleforcinema qui propose aux internautes de financer la promotion d’un film et ainsi de recevoir un quota de parts selon les recettes du film. Le porno avec MyDorcel.com qui permet aux internautes d’acheter des parts du prochain film Dorcel et ainsi de bénéficier de nombreux avantages comme avoir son nom au générique. Et surtout la musique avec My Major Company initiateur du concept qui avait proposé aux internautes de devenir producteur d’un chanteur. Ce dernier après le succès du 1er produit par le public : Grégoire a décidé de décliner l’idée pour la littérature en s’associant avec XO Editions (éditeurs d’auteur grand public tel que Guillaume Musso). Lancé le 27 mai : My Major Company Books est donc la 1ère maison d’édition participative.

Le principe est relativement simple : les apprentis auteurs mettent en ligne leurs écrits accompagnés d’une présentation et les éditeurs-internautes misent sur leur roman préféré après lecture d’un extrait pour un montant de 10 à 500 euros. Si un livre réussi à atteindre les 20 000 euros, il est alors édité et publié à 10 000 exemplaires. Les co-éditeurs se répartissent par la suite 25% des bénéfices de vente et 5% sur les cessions de droits d’auteurs. Une affaire qui peut s’avérer plutôt intéressante pour ces éditeurs en herbe. Mais beaucoup moins pour les auteurs qui, au départ, ne touche absolument rien puisque les 20 000 euros misés servent uniquement à la publication de l’ouvrage. Le livre doit donc remporter un vif succès pour que l’auteur puisse bénéficier de ce système, or dans la sphère littéraire : beaucoup d’appelés et peu d’élus au rang d’auteur de best-seller ! On peut estimer que les premiers écrivains publiés pourront bénéficier de l’impact médiatique et de la nouveauté du concept mais pour ce qui est des prochains, ils ont de grands risques de se noyer dans la masse…

Pour le site My Major Company Books et pour XO Editions, c’est surtout un moyen de limiter les risques financiers puisqu’ils peuvent se reposer tranquillement sur leurs propres clients, les internautes, en cas d’échec cuisant. Nul besoin non plus d’investir dans une promotion importante puisque les livres vont être promus par les auteurs eux-mêmes et ce sont les internautes porteurs de projets qui assureront  indirectement la promotion du site ! Les marges de risques sont également plus faibles compte tenu du fait que c’est la communauté web qui choisi, il y a donc de fortes chances que le livre obtienne un certain succès auprès du grand public.

Les Inrocks qui ont consacré un article sur le phénomène pointent du doigt le formatage des œuvres qui risquent d’être éditées, on compte effectivement davantage de romans de gare, de thrillers en tout genre que de révélations littéraires.  De plus, les auteurs semblent être surtout choisis sur leur histoire personnelle, leur vécu et leur apparence grâce au clip de présentation de chacun. Le côté pathos est alors mis en avant : « l’orphelin, le clochard ou l’accidenté, ça plaît toujours » comme l’explique le magazine.

Le problème est alors le même que pour les télés crochets. On veut donner la chance à tout le monde de devenir un artiste en laissant le public décider. Cela part d’une bonne intention mais il faut tout de même admettre qu’être artiste demande du talent et que ce n’est pas à la portée de tout le monde même si cela peut paraitre injuste. En laissant le public décider, on fait davantage jouer l’aspect affectif : le public va le plus souvent s’orienter vers les personnes en qui il se reconnait, vers celles qui inspirent la sympathie parfois au détriment du talent et de la qualité artistique. Exemple concret : Grégoire

 

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