Retour aux sources

Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, il me faudrait très certainement présenter l’auteur de cette oeuvre, même si c’est une grande personne.
Antoine de Saint Exupery est né à Lyon le 29 Juin 1900, d’une famille nombreuse: il grandit avec ces 2 grandes soeurs Marie Madeleine et Simone, son petit frère François et sa cadette Gabrielle, dans les traditions des grandes familles aristocratiques françaises (Son père étant le Comte de Saint Exupéry). Monsieur le Comte décède en 1904, dès lors Antoine, âgé alors de 4 ans, se rapproche fortement de sa mère. Une correspondance régulière persistera à nourrir le lien maternel. Antoine est scolarisé au collège Notre Dame de Sainte croix au Mans, où son tempérament rêveur mais aussi dissipé, lui vaut de nombreuses réprimandes et punitions. Antoine ne tarde pas à découvrir l’aérodrome d’Ambérieu, et avec sa passion pour l’aviation, à quelques kilomètres du château de sa famille paternel, où sa mère a choisit de vivre, laissant ses 5 enfants aux bons soins de ses soeurs.
A force d’harceler pilotes et mécaniciens, Antoine obtient son baptême de l’air, l’été de ses 12 ans, loin d’être assouvie, sa passion pour l’aviation ne le quittera plus.
Puis commence la première guerre, Antoine retrouve sa mère au château de Saint maurice de Rémens, et est inscrit au collège Notre Dame de Montgré. Entre temps Antoine obtient plusieurs prix de narration.
Antoine n’a pas le loisir de se fixer, il revient en effet un temps à Sainte croix, avant finalement d’obtenir son Baccalauréat à fribourg en Suisse.
En 1917, son frère François meurt des séquelles de sa santé très fragile.
Il poursuit alors ses études au lycée Saint Louis et prépare le concours de l’école Navale, dans l’optique de devenir Pilote. Brillant aux épreuves scientifiques, il échoue son concours aux épreuves littéraires. Au printemps 1921, une deuxième chance lui est donnée d’accomplir son rêve d’enfant (les plus importants) grâce au service militaire qu’il effectue à Strasbourg au sein de l’armée de l’air. Ayant économisé suffisamment, il se paie des cours de pilotages, d’abord avec un instructeur puis après 20 heures de leçon, il décolle seul à bord de son avion. Lors d’un de ces vols solos, il parvient à poser son avion en flammes de justesse sur la piste.
Ses leçons lui permettent donc après seulement trois mois de quitter le service réparation auquel il était affecté, et de rejoindre le 37ème régiment d’Avion de Chasse de Casablanca, où il obtient le brevet militaire de pilote et son équivalent civile. Il intègre alors l’école des officiers de réserves de Istres, puis est promu Sous Lieutenant de réserve à la fin de l’année 1922, et choisit son affectation au Bourget.
Il se fiance à Louise de Vilmorin en 1923. Cette année marque aussi son premier grave accident. Il se fracture le crâne et est démobilisé.
Alors commence une période de profonde frustration pour Antoine, qui doit pour plaire à son ex futur belle famille, endossé le rôle mal taillé de commercial. Il reprend sa liberté à la fin de l’année et rompt ses fiançailles. Il rencontre dans la foulée chez sa cousine Yvonne de Lestrange, Jean prévost secrétaire de rédaction pour la revue le navire d’argent. Cela lui permet de publier sa première nouvelle, L’Aviateur, dans cette même revue. En 1926, un de ces amis lui présente Beppo de Massimi, directeur général de la société d’aviation Latécoère. Antoine reprend alors sa vie de pilote, et est chargé des liaisons entre Toulouse et Dakkar. Il gravite rapidement les échelons pour devenir chef d’escale. Il rencontre de nombreux aviateurs pionniers comme Mermoz et Guillaumet, dont il fait ses amis. Nommé chef d’escale de Cap Juby, il s’illustre dans des missions de secours au pilote en perdition dans l’immense Sahara, et obtient pour ces faits glorieux l’Ordre nationale du mérite. C’est dans ce contexte qu’Antoine écrit en 1928 Courrier Sud, qu’il parvient à publier chez Gaston gallimard en 1929.
Puis il part avec ses deux compères étudier la possibilité de créer une nouvelle ligne traversant les andes. Il continue son bout de chemin aussi bien dans l’Aéropostale que dans la littérature: il publie en 1931 Vol de nuit qui remporte le prix Fémina, tout en parvenant à rentrer dans la compagnie Air France, qui rassemble maintenant toutes les anciennes compagnies aériennes. En 1935 il tente de battre le record de la traversée Paris Saïgon, 4 heures après son décollage, il s’écrase dans le désert de Lybie, où il ne sera retrouvé que 20 jours plus tard. Cette aventure lui inspire une nouvelle qu’il publie dans la revue L’Intransigeant, et il enregistre pour la radio Aterrissage forcé dans le désert.
En janvier 1938, il part pour New York, d’où il tente de rejoindre la terre de Feu. Il s’écrase au Guatemala, et reste dans le coma pendant 5 jours. Souffrant de 7 fractures au crânes, la convalescence qu’on lui impose lui permet d’écrire Terre des Hommes publié en 1939 et en obtient le grand prix de l’académie française. Approché par les Nazis, notamment Goering, il rentre précipitamment en France lors de son deuxième voyage en Allemagne, où il a pu constater les changements opérés par ces derniers.
Puis la seconde guerre mondiale éclate, Antoine reprend du service malgrè les réticences de ses supérieurs face à son état de santé, et quitte son poste de moniteur pilote, pour reprendre des missions de reconnaissance. Durant l’hiver 1939, il écrit Le Petit Prince, alors qu’il est stationné à Alger.
Après la défaite il trouve refuge en Amérique, d’où il écrit Pilote de Guerre, qui est interdit en France par les Nazis. En 1943 Il fait publier Le Petit Prince et rejoint l’Afrique du Nord et y écrit sa Lettre aux Américains. Ses chefs sont de plus en plus opposés, à ce qu’il vole, il lui autorise un nombre limité de mission. Il enchaîne cependant les missions en bravant les ordres de ces derniers. Ainsi lorsque Antoine s’envole le 31 Juillet 1944, pour une mission de reconnaissance sur Grenoble et Annecy, c’est contre l’avis de ses chefs qui pour le protéger avaient décidé de lui annoncer la nouvelle du débarquement. Il ne reviendra pas et 6h plus tard (temps maximal d’autonomie d’essence) ces camarades le considère comme abattu. Or l’épave n’a jusqu’à très récemment pas été retrouvée. Peut être que quelque part sur l’Astéroïde B612, un Prince est bien ennuyé car il ne trouve pas sur sa si petite planète de place pour poser le coucou volumineux d’un aviateur.

Est ce vraiment nécessaire de résumer ce conte?

Par pure rigueur, et certainement aussi par plaisir, je m’y oblige:
N’ayant d’autre choix que de poser son coucou déglingué au beau milieu du Sahara, Antoine, pilote de l’Aéropostale, tente tant bien que mal un ultime rafistolage sur sa machine (Il n’a pas cherché à réparer son avion à grands coups de pied dans le moteur en plein vol, lui!!!). Ces provisions en eau sont limitée (il ne reste que 3 Kros, dans la glacière), et il commence à vraiment douter de son éventuelle retour à la civilisation… C’est dans ce contexte que choisit, un morveux habillé en fringues disco, pour tomber dont ne sait où, et poser des milliards de question à notre toitoine. Le Petit Prince va donc par les chemins tortueux de son esprit, aux hasards de ses réflexions d’enfant, réconcilier Antoine la méprisable grande personne, (et par cette occasion nous lecteurs), et l’enfant qu’il était.
Cet oeuvre est une explosion d’émotions poignantes mêlée a des réflexions profondes sur la complexité de nos rapports d’adulte, illustré par des métaphores efficace sur fond d’une innocence touchante.
C’est une plaidoirie contre le monde austère des adultes, une porte ouverte aux adultes en mal de simplicité de l’enfance, un univers de rêve, une potion de jouvence, une crème anti ride… C’est une philosophie de vie…

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