Review du concert privé d’Abd al Malik

Aller voir Abd al Malik en concert, c’est comme assister à un cours au Collège de France. On se tait ! Le silence est nécessaire pour gouter aux mots et aux maux de l’artiste, pour apprécier la musique finement travaillée et pour ressentir l’infinie émotion qu’il dégage. On a les larmes aux yeux, on ri à un bon mot, à une boutade, on se penche un instant sur les disfonctionnements de notre société. Et, plus d’une après, on regrette que ce soit déjà fini !

Car Abd al Malik soigne son public. Tout l’album y est passé ou presque, la présence de son épouse Wallen a ensoleillé le titre « Paris mais… » et les quelques larmes versées sur « Circule petit, circule » furent communicatrices. Supporté par le titre« C’est du Lourd »r , qui n’est pas le meilleur de l’album, « Dante » est diamant brute. Sur scène, il devient pépite. Une œuvre sonore, quasi parfaite, qui touche, bouleverse. On n’est pas dans le superficiel ou le senti, mais dans le ressenti.  Abd al Malik rend hommage au héros de la négritude Aimé Cesaire, décédé il y a peu, mais aussi à Malik Oussekine sur « Lorsqu’ils essayèrent ». Il tape là où ça fait mal, mais avec de jolis mots et d’élégantes métaphores. Sans jamais céder aux sirènes de la démagogie ou de la facilité.

Mais au-delà de l’artiste, il faut rendre hommage à ses musiciens. Notamment à l’accordéoniste Marcel Azzola, qui semble habité sur le « Conte Alsacien » du rappeur/slameur/poète. Mais l’album sonne Nougaro bien sur, « Faqir » empruntes les premières mesures de « Quatre boules de cuir », mais aussi Reggiani sur « Le Marseillais ».

Sur scène, Abd al Malik, c’est du lourd !

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