Salvador Dali: un maître de passion

Provocant, théâtral, beau parleur, Dali se fait l’apôtre de l’irrationnel. Les années trente, c’est l’époque où il peint des toiles désormais célèbres, Les Plaisirs illuminés, L’Accommodation du désir (1929), Le Rêve, La Persistance de la mémoire (1931).

Pendant les années 50 et 60, la religion, l’histoire et la science deviennent la thématique centrale d’une bonne part de ses œuvres, de grand format pour la plupart. Il peint alors certaines de ses toiles les plus célèbres: Christ de saint Jean de la Croix, Galatée aux sphères, Corpus Hypercubus, La découverte de l’Amérique par Christophe Colomb et La cène.

L’érotisme dalinien exprimé dans son oeuvre, exprime bien le rapport ambigu qu’il entretient avec la sexualité. Dans ses écrits, Dali se définit clairement dès son plus jeune âge comme un « parfait pervers polymorphe ».

Durant sa période estudiantine, des influences homosexuelles se font clairement sentir. Néanmoins, ses toiles de jeunesse démontrent un besoin primal de posséder les femmes. Il dit :« Je recherche l’image capable de produire l’orgasme ».

Personnage à une fenêtre (1925)

Ce tableau est très simple en lui même, une jeune femme est accoudée à une fenêtre, on ne la voit pas, juste son dos. Elle est donc devant une fenêtre, qui fait toute la largeur du tableau. Cette fenêtre est grande ouverte vers l’extérieur ou un superbe ciel bleu sans nuage est là. Pas de couleur choc, juste une vision de la vie, un peu comme une photo prise sur le vif.

La fenêtre ainsi ouverte est symbole d’évasion. Elle laisse libre cours à l’imagination, permet de laisser place aux rêves, aux souvenirs et nous plonge dans une certaine nostalgie.

Ce tableau de Salvador Dali, Personnage à une fenêtre, est un des premier chefs d’oeuvre de Dali. On n’y retrouve pas les jeux des couleurs et des formes que Dali a peint par la suite.

Ce que je trouve intéressant c’est ce jeu de lignes et de courbes, de lignes dans les lames du parquet et ses courbes dans les rideaux, puis dans les cheveux de la femme. Elle regarde par la fenêtre dans une attitude décontractée, sa jambe repliée posée sur la pointe du pied, la mer apaise. Ce tableau marque vraiment la tranquilité et la sérénité. Ce portrait est criant de réalité. On sent que le peintre a voulu nous faire passer des émotions dans ce tableau. Je m’explique. On sent dans la position du corps que la personne est une vraie personne, on la sent rêveuse

Métamorphose de Narcisse (1937)

Dans Métamorphose de Narcisse, la répétition d’une configuration formelle non seulement relie deux images différentes mais indique qu’une transformation a lieu de l’une à l’autre. Dans la mythologie grecque, Narcisse était un beau jeune homme qui tomba amoureux de son propre reflet dans l’eau d’une cascade; il se noya, s’étant jeté dans l’eau pour embrasser son image.

Son corps ne fut pas retrouvé, mais à la place, on trouva une fleur qui porta son nom. Ici le jeune homme est montré avant et après la métamorphose en une main tenant un oeuf craquelé d’où pousse la fleur narcisse. Sur la gauche, Narcisse à l’air triste, à gauche Narcisse a une main tenant un oeuf donnant naissance à la fleur de narcisse, faisant écho à la posture de Narcisse.

L’image centrale de l’œuvre est le corps accroupi d’un homme. Comme dans le mythe de Narcisse, l’homme semble regarde sa propre image dans un lac. Ce qui est intéressant dans la peinture est que l’homme a une moitie immergée dans le lac et sa posture est celle d’un dormeur.

Il existe une tradition artistique du « miroir magique » des contes de fées, des réflexions comme indicateurs de la vérité, de ce qui est derrière et au-delà. De plus, l’ artiste emploie la symbolique de l’eau pour sa similitude avec l’inconscient. Ici, c’est sa propre réflexion que Narcisse regarde. L’image de l’homme devient l’image d’un rêveur, immergé dans l’inconscient, cherchant a voir la vérité.

Mais, si la figure accroupie dans le lac est le rêveur, quel est le rôle de son double ? Il nous faut souligner quelques distinctions entre eux. D’abord, l’homme devant l’eau est peint dans les couleurs naturelles d’un vrai corps humain. En contraste, les couleurs de l’autre image de l’homme semblent presque sinistres. Le « double » appartient ainsi à un paysage cauchemardesque. Fait de pierre, il semble se moquer de la vie. La tête, ici remplacée par une boule de pierre, qui est en même temps l’image d’un oeuf, semble être en train de craquer. On se moque de la représentation de la vie incarnée dans l’oeuf, rien de vivant ne naîtra d’un oeuf de pierre. Le serpent et les fourmis renforcent cette idée de la mort.

En regardant les deux figures, on a l’impression de scruter les deux côtés de l’esprit humain, le conscient et l’inconscient. C’est une peinture « égoïste » : elle traite d’un héros et de sa crise d’identité.

J’admire particulièrement la façon dont il a su faire écho des deux parties sans pour autant les répéter ni les séparer.

La Persistance de la mémoire (1931)

Dali a dessiné un décor assez désertique et le décore de cadrans d’horloge, déformés à la façon de quelque chose qui fond.

Il montre que personne n’est maître du temps. En tout cas, on sent la mémoire qui à l’air de partir, de glisser tout doucement comme l’horloge à gauche. Est-ce que notre mémoire avec le temps ne s’ éffaçe pas ?
Persistance de la mémoire, encore un titre de tableau qui nous fait réfléchir. Toujours ce Dali qui nous pousse au plus profond de nous même à chercher à expliquer le pourquoi de ces toiles.

Je trouve le thème abordé intéressant, il laisse en effet sujet à réflexion. Au sujet de La Persistance de la mémoire, Dali s’exprime ainsi : “Tout comme je m’étonne de ce qu’un employé de banque ne mange pas de chèque, je m’étonne aussi qu’aucun peintre avant moi n’ait pensé à peindre une montre molle”.

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