Spécial Cannes 2010 : Film Socialisme, Godard de retour au cinéma mais pas sur la croisette !

Militant symbolique de mai 68 et figure magistrale de la Nouvelle Vague (principalement apparue au Festival de Cannes de 1959), on se souvient du "Mépris", de "Pierrot le Fou" ou encore de "Bande à part" mais c’est surtout dans les années 80-90 que Jean-Luc Godard va explorer en profondeur l’art cinématographique en signant des œuvres basées sur les montage et collages d’images et de vidéos exposant une esthétique et une poésie destinées à rendre hommage aux plus grandes figures de la peinture et de la musique. Pour son nouveau film « Film socialisme » que l’on évoque comme son dernier, Godard reprend ce style qui le différencie des autres et amène le spectateur à éprouver autant de l’admiration que de l’incompréhension.

Godard est effectivement un être incompris qui s’est toujours senti en décalage avec la société ; appréciant peu le statut de personne public il  a toujours montré une certaine aversion pour les médias. Et c’est  certainement pour cette raison que celui-ci ne s’est pas rendu au festival. Godard le mystérieux a ainsi envoyé une lettre au délégué général et à ses distributeurs et producteurs « Chers Thierry Fremaux, Wild Bunch, Vega Film, Alain Sarde Suite à des problèmes de type grec, je ne pourrai être votre obligé à Cannes. Avec le Festival, j’irai jusqu’à la mort, mais je ne ferai pas un pas de plus. Amicalement. Godard.» Lettre tout aussi énigmatique que ses films… Son producteur interrogé par l’AFP a tenté de clarifier cette déclaration en expliquant « il ne veut plus faire le cercle médiatique, il en a marre […] C’est du Godard dans la pure ligne de ce qu’il a l’habitude de faire » et de terminer sur cette phrase assez juste « Il envoie son film et il s’excuse que voulez-vous de plus ? ».

Le réalisateur était pourtant très attendu sur les marches. Avant la projection, la foule se bouscule pour accéder aux rares places de la salle. En quelques minutes, Godard fait salle comble, le silence s’impose pour accueillir, peut être, le dernier chef d’œuvre du cinéaste français le plus artistique.

Film en trois parties : Des choses comme ça : conversations entre des passagers d’une croisière. Notre Europe : Sut fond de réflexion sur la liberté, l’égalité et la fraternité, deux frères et sœurs ont convoqué leurs parents devant le tribunal de leur enfance. Nos humanités :voyage autour de six lieux : Egypte, Palestine, Odessa, Hellas, Naples et Barcelone. (On notera la présence de Patti Smith au casting le temps d’une chanson)

La critique rendra son verdict : Godard a de nouveau séduit et émerveillé par son talent unique. Son film est souvent comparé à une œuvre d’art contemporaine de part les associations d’images et de sons très travaillées. Néanmoins, on reprochera sans surprise l’incompréhension que  le film suscite chez le spectateur. Du talent ? Aucun doute, du génie ? Inaccessible…

« On peut surtout accepter de n’y rien comprendre ou, hypothèse plus triste, que Godard n’ait plus rien à dire. » Le Parisien

« On n’a pas compris pourquoi le film s’appelait Socialisme. On n’a pas compris grand-chose. On ne doit pas être assez intelligent. On a bien relevé quelques éclairs dans un océan de brouillard. On a eu la confirmation que Godard est un as du montage. À part cela… » Le Point

Le Figaro résumera finalement le statut et la place du maitre Godard dans la sphère cinématographique :
« Que serait le cinéma sans Jean-Luc Godard, inventeur d’un genre qui n’appartient qu’à lui »

Sur les écrans aujourd’hui

 

 

 

 

Agnes

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