Spécial Cannes 2010 : Le réalisateur iranien emprisonné Jafar Panahi entame une grève de la faim

Pour être un fervent partisan de l’opposition face à la présidence de Mahmoud Ahmadinejad, le réalisateur iranien est actuellement incarcéré depuis le mois de mars dans l’attente du verdict quant à sa possible libération prévu demain. Le motif de son accusation : « avoir préparé un film contre le régime portant sur les événements post-électoraux ».

Subissant des traitements inhumains au sein de la prison et réclamant de pouvoir obtenir un contact avec ses proches, le réalisateur a entamé une grève de la faim afin de faire valoir ses droits.

Jafar Panahi, a adressé une lettre déchirante décrivant son désespoir :

« Par la présente je déclare les mauvais traitements subis dans la prison d’Evin.
Samedi 15 mai 2010, les gardes de la prison sont entrés subitement dans notre cellule n° 56. Ils nous ont emmené, moi et mes camarades de cellules, nous ont dénudé et gardé dans le froid pendant une heure et demie.
Dimanche matin, ils m’ont emmené dans la salle d’interrogatoire et m’ont accusé d’avoir filmé l’intérieur de ma cellule, ce qui est complètement faux. Ils ont par la suite menacé d’emprisonner ma famille à Evin et de maltraiter ma fille dans une prison insécurisée dans la ville de Rejayi Shahr.
Je n’ai rien bu ni mangé depuis dimanche matin, et je déclare que si mes volontés ne sont pas respectées, je continuerai mes instants sans boire ni manger. Je ne veux pas être un rat de laboratoire, victime de leurs jeux malsains, menacé et torturé psychologiquement.
Mes volontés sont :
- La possibilité de contacter et de voir ma famille, et l’assurance totale de leur sécurité.
- Le droit d’avoir et de communiquer avec un avocat, après 77 jours d’emprisonnement.
- Une liberté sans condition jusqu’au jour de mon jugement et du verdict final.
- Enfin, je jure sur le cinéma, auquel je crois : je ne cesserai ma grève qu’une fois mes volontés assouvies.
Ma dernière volonté est que ma dépouille soit rendue à ma famille pour qu’elle puisse m’enterrer où elle le souhaite.”


 

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