Spécial Cannes 2011 : Des films, du glamour et des stars

Spécial Cannes 2011 : Des films, du glamour et des stars

Cette année, le festival de Cannes a encore frappé fort. Il a débuté le 11 Mai et s’est achevé dimanche soir, avec la maîtresse des cérémonies d’ouverture et de clôture, Mélanie Laurent. Les films présentés en compétition ont donné du fil à retordre au jury, présidé parRobert de Niro. En effet, de par la diversité des genres (comédies dramatiques,  thrillers, histoires de vie) et des sujets abordés, le choix de la remise des prix s’est avéré difficile.
Qui dit palme dit … ? Arbre de vie : « The Tree of Life » réalisé par Terrence Mallick a subjugué les membres du jury.  À mi parcours entre quête spirituelle et réflexion sur les origines du monde et de l’existence, on découvre la vie chaotique d’un jeune garçon dans les années 50, et un drame, qui va tout faire basculer. « The Tree of Life » a vivement suscité la critique, provoquant bon nombre d’avis, très mitigés. Néanmoins, cette œuvre, d’une qualité rare tant au niveau des images que de la bande son, a été couronnée de succès, et passe actuellement au cinéma.

Toutefois, le palmarès vous réserve encore quelques surprises !

À commencer par le prix d’interprétation féminine (la galanterie est toujours de rigueur à Cannes). La jolie Kirsten Dunst est ainsi propriétaire de cette récompense. C’est son personnage dans le film « Melancholia» de Lars Von Trier, qui lui a valu d’être primée. Kirsten Dunst se met dans la peau de Justine, femme tout juste mariée, sombrant soudainement dans la déprime. Alors que sa névrose continue de la ronger, la planète Melancholia menace d’entrer en collision avec la Terre…
Les impressions divergent une fois encore, quant à la remise de ce prix. Non pas au jugé des talents de l’actrice. Mais plutôt à cause du tollé provoqué par le réalisateur. Lars Von Trier a fait référence à Hitler : « Je dis que je comprends l’homme. Ce n’est pas vraiment un brave type, mais (…) je compatis un peu avec lui« .  Humour ou provocation ? Lars Von Trier a fait un flop.
Le réalisateur a ensuite présenté des excuses pour ses propos « sympathiques »  à l’égard d’Hitler, en concluant. « Si j’ai pu blesser quelqu’un par les propos que j’ai tenus ce matin, je tiens sincèrement à m’en excuser. Je ne suis ni antisémite, ni raciste, ni nazi« . Malgré cela, les directeurs du festival et le conseil d’administration, après convocation du réalisateur, l’ont déclaré « persona non grata à Cannes, et ce à effet immédiat ».  Dommage pour cet ex-palmé, qui risque de s’attirer les foudres de l’opinion publique.

En ce qui concerne le prix d’interprétation masculine,  il a été décerné à Jean Dujardin, pour son rôle dans le film muet, noir et blanc « The Artist », de Michel Hazanivicius. Il y incarne une star du cinéma muet sur fond hollywoodien, bouleversé par l’arrivée d’une nouvelle tendance : le cinéma parlant. Cela n’est pas pour déplaire à la figurante anonyme, Peppy Miller (aka Berenice Bejo), qui va, grâce à cela, devenir une actrice célèbre … Histoire d’amour, hasard ou malchance, voilà ce que nous conte « The Artist », avec la prestation à la fois drôle et émouvante, d’un Jean Dujardin en pleine forme.

Vous pouvez en être certains désormais … Les Français ont la cote!

Le grand prix du jury a été remporté par les frères Dardenne pour leur film « Le Gamin à vélo ». On se plonge dans l’histoire de Cyril, 13 ans,  enfant placé en pensionnat, qui va tout tenter pour retrouver son père. Un père qui le rejette et refuse de le voir. Cyril, c’est un gamin prêt à tout, en quête du moindre indice qui pourra l’aider à localiser celui qui le fuit. Il revient vers la cité de son enfance, et les blocs d’immeubles qui l’ont vu grandir. Il fait la rencontre de Samantha, coiffeuse et habitante du quartier. Cette femme sans accroches va se lier à Cyril, ce môme toujours à vélo, au mal être persistant par manque d’une figure paternelle.

Ex-aequo pour le grand prix du jury avec « Le Gamin à vélo », on retrouve « Once Upon a Time in Anatolia », film du réalisateur turcNuri Bilge Ceylan, où l’on suit les évènements ordinaires d’une petite ville tranquille. A part peut –être le corps d’un homme assassiné, caché au fin fond des steppes anatoliennes, et trois individus, un commissaire, un médecin et un juge, déterminés à mener leur enquête pour découvrir la vérité. Outre les longueurs du scénario, le film n’en reste pas moins surprenant grâce aux prises d’images, et  à l’ambiance qui imprègne les personnages.
« Le Gamin à vélo » est un parcours en équilibre au fil des étapes de la vie, des relations que l’on tisse, de celles que  l’on repousse, et de celles qu’il faut assumer. On ne choisit pas sa famille … Mais on peut essayer de vivre ensemble. C’est ce que tentent de démontrer les frères Dardenne avec un scénario poignant, et des acteurs à la hauteur (dont Cécile de France, en mère « adoptive »).

Autre victoire française lors de ce festival …

Car c’est l’actrice et réalisatrice Maïwenn Le Besco, qui a remporté le prix du jury, pour son film « Polisse ». La jeune femme dépasse ainsi les limites avec tact et casse les codes. Pourquoi ? Parce que Maïwenn Le Besco traite un sujet de fond sensible : la Brigade des mineurs de Paris, et ses policiers, qui tentent de lutter au quotidien contre la maltraitance des enfants, tout en faisant face à leurs propres problèmes. Une fiction, presque un documentaire, support de la réalité qu’elle discerne avec justesse.
Cette réalisatrice, pointilleuse, s’est entourée d’un casting de choc, dont le chanteur  du groupe NTMJoey Starr, qui impressionne avec toutes les nuances qu’il apporte à son jeu d’acteur. Dans « Polisse », Joey Starr est Fred. Un flic, un écorché vif. Un homme brut(e) en apparence. Mais sous la carapace, Fred a le cœur tendre, et il est prêt à se donner corps et âme dans les situations les plus difficiles. Dur et émouvant, tendre et implacable, on peut le dire de Fred, et du film « Polisse » d’ailleurs.

Mais concrètement, que faut-il retenir de ces 11 jours consacrés au cinéma?

Les thèmes traités bien que singuliers ont, par un effet de coïncidence, porté des valeurs souvent banalisées, voire caricaturées. Une jeunesse perdue, en recherche de sens et d’amour, un monde sombre et pessimiste qui doit se réveiller si l’on ne veut pas le voir disparaître. Des destinées qui se font et se défont. Des êtres qui luttent, et essaient de s’accrocher par leurs propres moyens, au travers d’une société qu’ils ont parfois du mal à comprendre.

Et puis pour terminer sur une note légère …

Avec une robe Dior drapée beige en mousseline, Mélanie Laurent a conclu ce festival avec classe et panache.

Fin du festival : simplicité, élégance, et chefs d’œuvres cinématographiques récompensés … L’édition n°65 à Cannes, c’est l’année prochaine, avec une panoplie de films, on l’espère encore plus surprenante.

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