Télé trash : quand la télévision dérape

Sexe, drogue, religion, maladie ou encore rivalité ethniques sont les nouveaux sujets de prédilections des concepteurs de téléréalité. Rien ne les arrête : la moralité et la pudeur ne semblent pas faire partie de leur vocabulaire et tout semble bon pour faire un maximum d’audience : il faut appâter le spectateur, le rendre accro sans complexe. Cependant, trop de trash tue la curiosité voyeuriste du téléspectateur. En effet, ces émissions qui repoussent les limites de la décence font beaucoup parler d’elles mais niveau audience, c’est zéro. Le public ne cautionnant pas le concept, il préfère s’abstenir de regarder, question de principe…

Jusqu’où la télé peut-elle aller ? Tour du monde des programmes les plus invraisemblables :

Les Etats-Unis :
Le pays connu pour sa foi chrétienne mais également pour sa démesure et son goût prononcé pour le trash et le sulfureux a décidé de mettre en scène ce paradoxe américain dans une émission intitulée « God or the girl ». Le concept : quatre jeunes sur le point de rentrer dans les ordres mais pas encore prêts à faire vœu de chasteté doivent choisir en direct entre les filles ou Dieu. Les institutions religieuses ont curieusement très bien réagi au concept déclarant même : « Enfin la téléréalité découvre la religion ! »
 Après s’être attaqué au sujet sensible de la religion, les américains ont décidé de s’amuser des rivalités ethniques. Pour la saison 13 de l’émission « Survivor » l’équivalent de notre Koh Lanta, afin de mettre du piquant au concept, les équipes sont séparées en fonction de leur ethnies on trouve donc : l’équipe des blancs, des noirs, des latinos et des asiatiques. Emission très décriée par les médias et le public, le créateur s’est défendu en expliquant que c’était pour répondre aux accusations sur le fait que l’émission n’était pas assez multi ethniques. Avec ce concept, il pense rendre l’émission plus intéressante et plus controversée : « c’est une expérience sociale »…

L’Angleterre :
L’excentrisme birtish et les idées farfelues sont bien représentées à la télévision anglaise. Notamment avec l’émission « Anatomy for begginers » sur Channel 4. Le concept : dans un but à priori pédagogique, des médecins donnent une leçon d’anatomie aux spectateurs en disséquant un cadavre humain face à la caméra. Un projet particulièrement malsain qui s’assimile plus à du voyeurisme glauque qu’à de l’enseignement scientifique.
Et pour continuer, sur la lignée de l’expérience scientifique liée à la mort sur un plateau, la chaîne serait à la recherche d’un malade en phase terminale prêt à faire don de son corps afin qu’il soit par la suite embaumer à la manière des égyptiens. Le programme consistera alors à suivre l’évolution du cadavre. L’intérêt pour la science est évidemment bien là cependant difficile de comprendre l’intérêt de le diffuser au grand public.

Les Pays-Bas :
Contrairement à ce que l’on peut croire, les rois de la téléréalité ne sont pas les anglo-saxons mais bien les hollandais. Et quand il s’agit de donner dans le trash, ce sont loin d’être les derniers. Sur la BNN, des candidats essayent devant vos yeux diverses drogues et pratiques sexuelles. L’émission subtilement appelée « Spuiten en Slikken » que l’on peut traduire par : « se piquer et avaler » a provoqué l’indignation du public car elle est diffusée sur une chaîne publique destinée en premier lieu à la jeunesse.
Sur la chaîne néerlandaise Talja TV, on s’amuse des tensions entre les belges et les hollandais dans l’émission « Zeven Plagen » (« les sept plaies »). Le concept : une équipe de quatre belges et une de quatre hollandais doivent vivre ensemble, l’équipe qui arrive en premier à faire craquer l’autre par n’importe quels moyens gagne la mise.
Mais le programme qui a le plus choqué l’opinion publique a été le « Grote Donorshow ». Le concept est effrayant : une femme atteinte d’un cancer en phase terminal doit choisir parmi trois candidats à une transplantation à qui elle donnera son rein. Cependant, il s’est avéré que l’émission était en fait un canular censé sensibiliser la population au problème du don d’organe. Comme l’a précisé le patron de la chaîne BNN : l’idée « manque de goût » et c’est le moins qu’on puisse dire.

La Turquie :
La chaîne Canal T a crée le scandale en annonçant le concept d’une nouvelle émission de téléréalité sur le thème de la religion : un imam, un rabbin, un prêtre et un moine bouddhiste se retrouvent enfermés avec dix athées, l’objectif : les convertir. Celui qui remporte l’émission est donc celui qui aura réussi à convertir le maximum de personnes. L’émission est évidemment accuser de renforcer les conflits entre religions mais les responsables répondent « Nous voulons juste aider des gens à trouver Dieu ». Conception étrange de la liberté individuelle mais on s’étonne surtout que des membres hauts placés des différentes institutions religieuses ont  accepté de se livrer à un jeu pareil !

La France :
En France, le phénomène de télé trash est quasi inexistant. Notre pays s’avère très sage à ce sujet : pas d’émissions violentes, pas de nudité affichée, pas d’immoralité… Sur les chaînes hertziennes, il apparait donc impossible, pour le moment, que des émissions comme citées précédemment puissent voir le jour. Les seuls à diffuser des programmes dits trash sont les petites chaînes de la TNT qui achètent les droits  des programmes étrangers.

La France s’oppose donc fermement à la trash télé et préfère au contraire la dénoncer avec véhémence. France 2 avait d’ailleurs pointé du doigt l’influence de la télévision sur le public en montrant à quel point, on est prêt à aller très loin de nos jours avec « Le jeu de la mort ». Présenté aux candidats comme un vrai jeu, ceux-ci se retrouvent sur un plateau et doivent envoyer des décharges électriques à une personne située au centre. Sous la pression de l’animatrice et du public, 80% des candidats vont jusqu’au bout et bien qu’hésitant ils finissent tous par torturer leur partenaire. Cette émission créée par Christophe Nick s’est inspirée d’une expérience d’un chercheur  américain Stanley Milgram  qui, sur le même principe, avait voulu tester la capacité de soumission de l’homme face à l’autorité. Le résultat à cette époque (1961)  était alors de 62,5%.

Des résultats qui nous interrogent : la télé devient de plus en plus trash et elle s’avère de plus en plus être un force considérable d’influence sur le public.

Regardez un reportage du JT de France 2 à ce sujet avec l’émission « Le jeu de la mort » :

 

 

 

 

 

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