Une BD sur Nietzsche : un passeport pour la philo ?

Une BD sur Nietzsche : un passeport pour la philo ?

Le philosophe contemporain Michel Onfray a très souvent revendiqué l’héritage intellectuel de Friedrich Nietzsche et emprunte de nombreuses pensées émises par celui-ci au sein de ses ouvrages. C’est pourquoi il avait entrepris d’écrire un scénario sur la vie du philosophe allemand destiné au cinéma : « L’innocence du devenir ». L’œuvre a été publiée chez Galilée en 2008 mais n’avait pas donné suite jusqu’à ce qu’un dessinateur lyonnais tombe dessus et décide de retracer cette histoire sur des planches. Il envoie alors ses esquisses au philosophe accompagnées de la phrase «  La BD est le cinéma du pauvre », ce dernier est conquis et accepte de collaborer pour la sortie d’un album.
Le premier album intitulé « Nietzsche 1. Se créer une liberté » est sorti le 19 mars aux éditions Le Lombard (128 pages, 19 euros).

Comme l’explique Michel Onfray la philosophie c’est avant tout une vie philosophique c’est pourquoi il semblait plus intéressant de traiter la vie du philosophe plutôt que  sa pensée pure. De plus, Nietzsche est un personnage romanesque qui a mené une vie passionnante et qui a toujours revendiqué sa pensée sans faire de concessions. Sa vie est donc retracée à travers tous les passages clés de son existence, son cheminement vers l’Absolu et sa solitude presque effrayante. Cette bande dessinée a également le mérite de transmettre la vraie pensée nietzschéenne trop longtemps dénaturée. Sa sœur Elizabeth avait en effet falsifié ses propos  pour les transformer en écrits antisémites d’où la mauvaise réputation qui colle encore parfois au philosophe : la notion de surhomme ayant été mal interprété autant par Hitler que par Mussolini.

Pour réaliser ses dessins, Maximilien Leroy n’a pas hésité à voyager à travers l’Europe sur les traces du philosophe en passant ainsi par l’Allemagne, la Suisse ou encore l’Italie. Il s’est également inspiré du mouvement impressionniste à travers les peintures de Van Gogh, Gauguin et Cézanne. L’esthétique est sobre avec des couleurs franches, les planches sont très soignées ; le rythme est soutenu rendant la lecture dynamique. Cependant  l’œuvre et la vie de Nietzsche peuvent s’avérer difficiles à aborder, d’autant plus qu’il n’est pas évident de concentrer une pensée aussi complexe et aboutie en quelques bulles.

On notera tout de même l’effort de vouloir  démocratiser la philosophie. La BD s’adresse ainsi aussi bien aux initiés qu’aux non initiés que ce soit de philosophie ou de bande dessinée. Cela permet d’obtenir une première approche tout en se divertissant. Comme le dit le scénariste : « Si des ados peuvent découvrir Nietzsche grâce à une BD, c’est formidable».

Agnes

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