V pour Vendetta

Un film en effet incroyable de part sa mise en scène d’une part, car si on doit ce petit bijou à James McTeigue, les véritables cerveaux de ce film du début à la fin et dont la marque est aussi voyante que le nez de Dustin Hoffman (je t’adore Dustin), se sont Andy Wachowski
Larry Wachowski….
Wachowsquoi ??? Vous allez me dire… Ces personnes on ne peut plus discrètes et mystérieuses sont à l’origine d’une célèbre Trilogie de SF (qui n’a de bien et de célèbre que le premier épisode…): Matrix.
Aussi leur marque est indéniable, elle se caractérise dans le rythme donné à l’action, dans un bon scénario, dans des scénes d’actions ici encore (mais beaucoup moins que Matrix) époustouflantes renforcées par un « bullet time » cette fois ci pas gavant… (cf « bullet time »: procédé inventé par John Gaeta pour la trilogie Matrix qui consiste à photographier avec de multiples appareils un geste, afin de lui donner par la suite un effet de fondus, de ralentis…).

Il faut dire que ce projet les tenait à coeur… Ce film est tiré d’une BD crée par Alan Moore en 1981 dans un contexte du gouvernement conservateur de M.Tatcher… Moore essayant par là de faire apparaître ses craintes d’une dérive trop autoritaire du régime… Les deux fréres se sont donc emparés de l’idée et se sont mis en tête de le porter à l’écran mais pas sous leurs directions (pas laisser la trace Matrix), bien que plusieurs scènes clés du film ont été tournées par eux…

Revenons à la mise en scène, si les plans sont bien faits, le film doit beaucoup aussi à une bonne BO qui comme toujours avec les frères Wachowski mélange les genres (du Classique au Hard Rock) et donne du rythme et aussi amplifie les émotions du spectateur… Effets spéciaux rien à dire, du bon boulot…

Coté « performances d’acteurs » ce film en regorgent… Hugo Weaving (Matrix: Agent Smith; la Trilogie du Seigneur des Anneaux: Elrond…) est plus qu’admirable dans le rôle de « V », j’insiste sur sa personne car il est impossible de savoir durant le film qui se cache sous ce masque (superbe au demeurant)…
Ce personnage est drôle (en tablier faisant la cuisine), d’une élégance et d’un raffinement rare, d’une force de conviction inimaginable qui pousse à l’admiration (Sincèrement…), mais aussi d’une folie magnifique (et vous savez combien j’aime les fous !!!) j’ai particulièrement été marqué quand il fait sauter le Palais de Justice sur un air de Tchaikovski (« L’Année 1812″), en rythmant les explosions avec une baguette de chef d’orchestre, tel un Néron chantant devant Rome en flammes… J’adore !!!!!!!!!

La talentueuse et plus que charmante Nathalie Portman interpréte avec beaucoup de talent la jeune Evey… Une jeune fille traumatisée qui voir chercher par la force des choses sont réconforts avec « V » (une très jolie histoire d’amour, pas du genre cul cul….). Aussi je tiens à le dire Nathalie reste superbe avec ses cheveux rasés voir cela lui donne quelque chose en plus….
Enfin il faut noter le jeu même de John Hurt qui joue le rôle du Chancelier Sutler, une pourriture sans nom, une copie conforme d’un Hitler mais version british (peut être mieux fringué ??), qui au fur et à mesure du film dévoile toute sa démence voyant que la situation lui échappe… Les allusions au nazisme sont plus que flagrantes: défilés, couleurs, camps d’expériences médicales, charniers, exécutions sommaires….

Mais aussi et là c’est très personnel, le jeu de Tim Pigott-Smith qui interpréte Creedy le numéro 2 de cette dictature (s’il peut y avoir de n°2 dans une dictature ?)… Il est sadique, pervers, maniac (vous le verriez prendre soin de ses orchidées !), et sûr de lui, bref il fait beaucoup plus méchant que Sutler…

Pour finir, je dirai que le film suscite de nombreuses interrogations, et tout du moins se veut comme dénonciateur des travers d’une société (on peut y faire des parallèles avec la société US, mais se serai quasi anachronique, vu le contexte dans lequel la BD et donc le film a été écrit…)
J’aimerais quand même formuler ici deux critiques: d’une part le fait de montrer l’Eglise Anglicane main dans la main avec le régime et surtout cet évêque pédophile est pour moi un peu déplacé, c’est encore un vieux cliché d’une Eglise nasillarde et pédophile, ça va bien 5 minutes…
D’autre part, et là c’est bien plus insignifiant, de voir exploser le Parlement Britannique m’a causé dans un bref moment un grand plaisir me disant en bonne Française : dans le cul les Anglais !!! , puis bien mal au coeur de voir voler en éclat cette merveille architecturale…

Les acteurs : personnages et interprétation

Dans un futur proche, le monde « tourne mal » en Occident (c’est « drôle », je ne me sens pas dépaysée). Le Royaume-Uni est sous les ordres d’un chancelier évoquant Hitler (paroles haineuses), Berlusconi (invasion des écrans) et Bush (mélange de la politique et de la religion).
C’est dans ce contexte chaotique qu’intervient « V ». Il n’apparaît que sous le masque blanc de Guy Fawkes, présenté comme pionnier de l’anarchisme.
Ce personnage mystérieux se cache dans une galerie gothique pleine de vieux livres et de tableaux, qui évoque un peu le refuge de Batman. Mélancolique et cultivé, notre homme arbore par moment les traits du Comte de Monte-Cristo par sa soif de vengeance.
Son masque est à la source d’une confusion parfaite dans son sillage. Il le distribue en milliers d’exemplaires pour mieux se fondre avec ses sympathisants. Le sourire grimacé de ce masque devient presque tragique (selon moi), car il scelle en quelques sortes le secret de l’amour impossible entre « V » et Evey, dont les lèvres ne toucheront qu’une fois cet étrange masque lors d’un baiser désespéré.
V a une classe folle, un peu un anti-héros, dès sa première apparition, il nous laisse bouche bée. C’est un personnage intrigant, fascinant, ambigu, complexe… Il représente davantage une idée qu’une personne. Il ne s’agit pas ici d’un banal vengeur masqué, c’est aussi un personnage qui ne se montre pas très regardant sur les moyens auxquels il a recours pour parvenir à ses fins.
Un film qui sait jouer du mystère sur la personnalité du pseudo-terroriste habillé d’ une noirceur magnifique. Le discours passionne davantage que l’action, et il est indispensable pour délimiter les contours flous de ce personnage..
Hugo Weaving relève le défi du simple charisme de la prestance.
Nathalie Portman adopte un rôle aux multiples facettes comme je les aime.

Politique-fiction ?

Belle réflexion grâce aux dialectes et préceptes de V, toujours justes, avec des références au passé (guerre mondiale, dictature…) et au présent (terrorisme, épidémie…).
Liberté de ton pour un ouvrage datant de « l’avant 11 septembre » et un film qui prend tout son sens dans un contexte contemporain avec l’interrogation osée : le terrorisme doit-il être le dernier recours contre un Etat totalitaire qui manipule le peuple en le paralysant par la peur et l’ignorance ?
La tyrannie du régime d’Adam Sutler est une attaque contre l’administration Bush. La censure règne, la culture est bannie, les homosexuels sont persécutés, un homme est exécuté parce qu’il possède un Coran, …
Cependant, le combat du personnage de V n’est pas pour autant vanté :c’est un monstre crée par le régime de Sutler. La limite entre le Bien et le Mal est absente, presque. Le spectateur est seul juge.
Peinture contre le gouvernement ultra-conservateur de Thatcher avec pour message clé : chaque individu doit conserver sa liberté, notamment la liberté de s’opposer au conformisme.

Pour résumer le film si c’est possible (bien sûr que non !!), j’emprunterai ces quelques mots à « V »: « Les Peuples ne devraient pas avoir peur des gouvernements, les gouvernements devraient avoir peur du peuple !! »

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