Vers la paix en Irlande

Ce n’est pas parce que nous n’en entendons plus parler au 20h que le conflit irlandais a cessé. Il s’est juste modéré…
Complexe, longtemps considéré comme insolvable, le conflit nord-irlandais entache depuis deux siècles l’histoire de cette île si proche de la France. Cette situation est le fruit d’un passé tourmenté, qui plonge ses racines dans la confiscation des terres irlandaises, imposée par l’Angleterre au profit des colons protestants au XVIIème siècle. Traitée tout au long du XVIIIème siècle comme une colonie de l’Empire britanique, l’Irlande est annexée par l’Angleterre en 1800. En 1921, l’île est finalement coupée en deux. Un déchirement intolérable pour la minorité catholique du nord, contrainte à subir la domination politique et économique d’une majorité protestante affirmant sa fidélité sans faille à la couronne d’Angleterre.

Pendant des années, chacun des acteurs du drame s’enferme dans une logique intansigeante qui conduit à l’explosion de la violence terroriste. Par les positions extrêmes défendues par les nationalistes catholiques, les unionistes protestants et l’ancienne puissance coloniale anglaise, l’Irlande du nord ne connaît que la spirale de l’échec.

Les années 1990 marquent un tournant avec la mise en route d’un processus de paix qui butait depuis des années sur l’incapacité de tous les protagonistes à ouvrir le dialogue. Les accords signés, il y a un peu plus de 5 ans, en avril 1998, constituent ainsi la première étape d’une tentative de réglement politique du conflit. Ils sont un pari sur l’avenir.

Mais les ombres qui persistent au tableau révèlent que l’Irlande du Nord n’est pas encore sortie de l’incertitude.

Date clée

De 1800 à 1972, les grandes étapes du conflit sont nombreuses mais attardons-nous sur 1972:

Le 30 janvier, des soldats britaniques ouvrent le feu sur une manifestation catholique pacifiste à Londonderry. Bilan de ce « Bloody Sunday »: 13 morts.
Le 24 mars, l’Angleterre supprime le parlement local nord-irlandais, impose un gouvernement direct de Londres et renforce la répression. Les attentats et les combats de rue sur multiplient (450 mort pour cette année). Il faudra attendre 20 ans pour que s’ouvre le dialogue vers un avenir pacifiste.

Outre le célèbre « Sunday, bloody sunday » de U2, de nombreux cinéastes et artistes se sont inspirés de ce « Dimanche sanglant » dont Paul Greengrass avec son « Bloody Sunday » sortit en 2002. Comme il est filmé caméra à l’épaule, on a l’impression de participer nous même à cette manifestation. Ce film dégage une grande force et beaucoup d’émotion… à ne rater sous aucun prétexte!

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